Related Reviews
The Arts Desk
'The lush dissonances teased out during the pavans were deliciously wistful and the rhythmic interplay displayed in the dance movements gave an infectious, impish quality with a real swing.'
more >>
Diapason
Diapason d'or: Prises de son d'exception
more >>
BBC Radio 3 'Building A Library'
First Choice Recommendation: 'This recording stands out for its sheer lyricism combined with moments of heightened emotion...'
more >>
Gramophone
2017 Early Music Award Winner: 'Freshly informed performances of the highest calibre.'
more >>
Diapason
5 Stars
Diapason d'or: '...moins somptueuse et impressionnante, préférant aux graves encens doloristes une transparance virtuose, profitable à l'écoute continue : chaque pavane, par le relief de ses détails, apparaît comme une étude caractérisée.'
more >>
Crescendo
'Phantasm reveals all the contrapuntal and harmonic richness...An irreproachable interpretation.'
more >>
Iowa Public Radio
'Their passionate yet subtle and alert playing is captured in warm, rich sound.'
more >>
MusicWeb International
'For many people this will be self-recommending: possibly the first great instrumental work by an English composer, performed by the premier viol ensemble of our day with the support of a notable lutenist. This lovely recording deserves every success.'
more >>
American Record Guide
'The present recording upholds that dazzling standard.'
more >>
SWR2 Treffpunkt Klassik
Recommendation: 'The longer you immerse yourself in this CD with the "Lachrimae", the more you fall under its spell...'
more >>
Audiophile Audition
5 Stars
'This new audiophile recording, featuring lutenist Elizabeth Kenny and Phantasm, directed by Laurence Dreyfus, takes listeners on a refreshingly varied Dowland soundscape in which sublime sadness, grief, anger and melancholy is consoled by moments of joy and gladness. Dowland's exceptional melodies combined with Phantasm's luxuriantly rich sound really is a match made in heaven.'
more >>
MusicWeb International
'Everything to which Phantasm turn their hands is well worth hearing and this Dowland release is no exception. With very good sound, especially in 24/96 format, and a very fine booklet, this could well be the version of choice...'
more >>
Fanfare
'I'd rank this version of Lachrimae above my previous favorite...it's a joy to hear.'
more >>
Fono Forum
5 Stars
'An exemplary interpretation.'
more >>
Ouverture Blog
,,Diese Klagegesänge sind unbeschreiblich; schöner kann man wohl nicht trauern - und Phantasm musiziert gemeinsam mit Elizabeth Kenny, Theorbe, in einer solchen Ausdrucksstärke und Homo- genität, dass man nur staunen kann. Unbedingt anhören!''
more >>
Huffington Post
'The sounds are laid down like cat's paw across velvet...'
more >>
The Strad
The Strad Recommends: 'Subtle and intimate performances of Dowland’s tear-stained viol cycle.'
more >>
Süddeutsche Zeitung
„Phantasm hat diesen Einstünder ihrem Namen entsprechend phantastisch eingespielt" /'Phantasm have rendered this hour of music in a manner befitting their name – fantastically...'
more >>
AllMusic
5 Stars
'...their expert interpretations have the characteristic mix of poetic melancholy and courtly elegance that define Dowland's music...Highly recommended.'
more >>
BBC Music Magazine
5 Stars
Chamber Choice: 'Despite the brooding nature of the music, their sound is luminous and tempos are fluid, highlighting Dowland's lyricism...'
more >>
Der Spiegel
"Consortmusik von 1605, perfekt dargeboten von Elizabeth Kenny (Laute) und der Viola-Gruppe Phantasm." / 'Consort music of 1605, perfectly performed by Elizabeth Kenny (lute) and the viol group Phantasm.'
more >>
Gramophone
Choice: 'These are poignant performances of music steeped in melancholy and given a deep beauty by Elizabeth Kenny and Phantasm, led by Laurence Dreyfus: a really wonderful Dowland recording.'
more >>
Der Neue Merker
'An manchen Tagen ist dies wohl das Größte, was Kunst zu leisten vermag.'
more >>
The Sunday Times
'The performances are elegant, rich-textured and beautifully phrased. Affecting.'
more >>
Andrew Benson-Wilson Blog
'gorgeous'
more >>
The Observer
5 Stars
'...played by Phantasm with their expressive warmth and exquisite subtlety.'
more >>
The Irish Times
5 Stars
'a gripping performance'
more >>
Early Music Review
5 Stars
'The organic development of motifs, the constant attention to melodic beauty, the stomach-churning harmonic volte faces make the complete publication a masterpiece...a valuable addition to our understanding of this remarkable publication, and Dreyfus and Kenny's excellent programme notes give us further valuable players' insights into this extraordinary music.'
more >>
Nottingham Post
'The composer's collection of dance music for five bowed instruments and a lute is expertly recreated here by viol consort Phantasm and lutenist Elizabeth Kenny, revelling in the tuneful melancholy which became Dowland's artistic trademark.'
more >>
Messenger Newspapers
'...[a] splendid new Linn CD.'
more >>
Financial Times
4 Stars
'This set of seven pieces for viols and lute still sounds as sensuous and beguiling as it must have done then. The melancholy of the music touches a nerve. Phantasm and lutenist Elizabeth Kenny offer heartfelt playing.'
more >>
BBC Radio 3 'Record Review'
'An absolute pleasure. The recording is a beauty as well: rich and intimate...'
more >>

Phantasm - Dowland: Lachrimae - Culturopoing


03 December 2017
Culturopoing
Jean-Christophe Pucek

Peu d'œuvres peuvent se targuer d'être devenues aussi emblématiques que les Lachrimæ publiées par John Dowland en 1604, un recueil qui, à l'instar des miniatures peintes par Nicholas Hilliard et son élève Isaac Oliver, ont semblé capturer idéalement l'esprit de l'Angleterre élisabéthaine, en particulier sa subtile mélancolie.

Les vingt et une pièces pour consort de violes (ou de violons) à cinq parties et luth qui composent l'ouvrage furent offertes au public tout juste un an après la mort de la Reine vierge. Dowland, qui malgré un talent tôt reconnu n'était jamais parvenu à se faire une place à la cour, était alors au service du roi Christian IV du Danemark ; il dédia, avec bien entendu quelque espoir de retour, ses Lachrimæ à la sœur du souverain, Anne, qui avait épousé le futur Jacques Ierd'Angleterre et venait de monter à ses côtés sur le trône britannique.

Sept pavanes passionnées (passionate) brodées sur la thématique des larmes, une autre fort tourmentée en manière d'autoportrait musical (Semper Dowland semper Dolens, " Toujours Dowland, à jamais dolent "), un Tombeau d'une beauté indiscutable quoiqu'assez conventionnelle à la mémoire de l'ambassadeur Sir Henry Unton mort en 1596 (Sir Henry Umpton's Funeral), puis une suite de danses majoritairement constituée de gaillardes, augmentées de deux allemandes, forment un recueil à l'organisation symétrique dont les dix premières pièces sont empreintes d'une mélancolie plus ou moins accentuée (la Mr John Langton's Pavan, qui clôt cette série, est d'une touche plutôt légère) et les dix suivantes d'une noblesse plus enjouée où abondent les emprunts du musicien à ses propres chansons (Can she excuse my wrongs ? devient ainsi The Earl of Essex Galliard), la charnière entre les deux volets de ce diptyque étant The King of Denmark's Galliard, révérence du compositeur à son royal patron. Si l'ensemble forme un tout organique, ce sont les sept pavanes Lachrimæ qui, par leur originalité et la profondeur de leur expression, ont le plus retenu l'attention des interprètes comme des mélomanes et aiguillonné la sagacité des musicologues sans qu'aucun d'eux ne soit parvenu, à ce jour, à percer entièrement leur mystère. Leur nombre évoque-t-il le septénaire ou offre-t-il un écho aux Psaumes de la pénitence mis en musique par Roland de Lassus en 1584, dans lesquels se retrouvent les quatre notes du motif lacrymal, ou aux Seven Sobs of a Sorrowfull Soule for Sinne de William Hunnis, une version versifiée de ces mêmes sept Psaumes publiée en 1583 et régulièrement rééditée ensuite ? Ce qui frappe en tout cas est la grande labilité de cette musique visant à exprimer d'une façon à la fois sensible et abstraite - il ne s'agit en rien d'œuvres descriptives - une des manifestations les plus apparentes de la peine qu'elle soit sincère (Lachrimæ Veræ) ou feinte (Lachrimæ Coctæ) ; tout, dans ce que l'on peut regarder comme un cycle de variations sur un thème emprunté (en ce sens, le titre de la première pièce, Lachrimæ Antiquæ (" larmes anciennes "), indiquerait la préexistence de ce motif, qu'il soit de Lassus ou de Marenzio), est placé sous le signe d'une instabilité sans cesse menaçante, à grands renforts de retards, fausses relations et autres chromatismes qui rendent l'ensemble subtilement mais nettement dissonant. Mêlant tristesse, colère ou abattement et parfois d'infimes touches de répit et d'espérance, ces larmes toujours fluides comme l'eau du ruisseau au bord duquel, loin du fracas du monde, est venu se reposer le promeneur pensif nous parlent de l'inconstance des passions de l'Homme et de l'impermanence de son existence ; l'acuité avec laquelle Dowland sut capturer et restituer la complexité de ces affects tend aux émotions de l'auditeur un miroir qui est de tous les temps.

L'insigne valeur artistique des Lachrimæ leur a valu d'être régulièrement enregistrées, soit par des consorts de violes (Hespèrion XX pour Astrée, souvent regardé comme une référence, ou Fretwork pour Virgin, par exemple), soit, plus rarement, de violons (The King's Noyse pour Harmonia Mundi dans une version brillante mais malheureusement incomplète). La lecture qu'en proposent aujourd'hui Phantasm et la luthiste Elizabeth Kenny se place néanmoins sans conteste parmi les meilleures de la discographie. Les musiciens dirigés par Laurence Dreyfus au dessus de viole adoptent une approche d'une grande clarté polyphonique qui refuse toute forme d'emphase ou de sentimentalisme au profit d'une décantation qui n'hypothèque pour autant jamais ni l'expressivité, ni la sensibilité. Leurs souples phrasés sont toujours d'une impeccable netteté, ils savent prendre le temps de laisser respirer la musique sans pour autant s'alanguir et leur écoute mutuelle est irréprochable ; surtout, sans verser dans la hâte et son corollaire, la superficialité, ils imposent à toutes les pièces une tension dramatique qui souligne la cohérence de l'inspiration de Dowland ; ainsi abordées, les sept premières pavanes, jouées sans interruption, forment réellement un cycle cohérent, et même les danses, restituées avec une pulsation parfaite, apparaissent non plus comme isolées mais bien comme des éléments participant à l'organicité du recueil. Cette interprétation bénéficie en outre d'une prise de son dont la spatialisation superbement maîtrisée - le traitement du luth qui s'insinue vraiment entre les violes mérite d'être salué - ajoute encore à cette impression globale de transparence et d'unité.

En refusant de surjouer la noirceur, Phantasm donne à la mélancolie des Lachrimæ de Dowland son juste poids, entre Renaissance tardive et premier Baroque, entre confession personnelle et étude humaniste des passions. Cet équilibre et la haute qualité de l'interprétation musicale font de ce disque, auquel le seul minime reproche que l'on peut adresser est de ne pas respecter à la lettre l'ordre du recueil, un enregistrement remarquable à connaître en priorité.


Bookmark and Share


Related Links

Elizabeth KennyElizabeth Kenny
PhantasmPhantasm
Dowland: Lachrimae or Seven TearsDowland: Lachrimae or Seven Tears