Royal Academy of Music Soloists Ensemble & Trevor Pinnock - Mahler: Lieder eines fahrenden Gesellen - Crescendo

Son 10

Répertoire 9

A une époque où tout orchestre digne de ce nom devait comporter au moins cinquante musiciens, un nouveau genre se développa : l'orchestre de chambre. Le compositeur Arnold Schönberg, au début du 20ème siècle, fut l'un des grands promoteurs de cette formation inhabituelle d'une dizaine d'instrumentistes, qui permettait de jouer à peu de frais le grand répertoire symphonique. Ce disque du Royal Academy of Music soloists ensemble entend lui rendre hommage à travers une série d'arrangements d'œuvres de cette époque. On y entend deux œuvres instrumentales et deux œuvres vocales, dont l'instrumentation n'a rien à envier à un grand orchestre symphonique. Les jeunes chanteurs, tous deux fraîchement diplômés de la Royal Academy Opera, ont pour eux un timbre homogène et un beau sens de la ligne. On reconnaît bien là l'école anglaise du chant, qui n'a pas fini de former d'excellents interprètes ! La mezzo Katie Bray fait merveille dans Zemlinsky avec son timbre large et ses aigus moelleux. Son interprétation délicate sert fort bien la poésie de Maeterlinck (dans une traduction allemande), toute en évocation. Quant au baryton Gareth Brynmore John, à la voix ronde et caressante, il se distingue dans Mahler par sa sensibilité. Son allemand est très clair, bien qu'on y décèle un léger accent anglais.

Heureusement, le disque comporte une belle surprise : la Berceuse Élégiaque de Busoni. Très peu jouée de nos jours, l'œuvre fut écrite en 1909, peu après le décès de la mère du compositeur ; austère et poignante, on y trouve du Jongen autant que du Schönberg. L'orchestre rend parfaitement la sobre tristesse de cette musique qui mériterait d'être mieux connue. Un « oubli » peu sympathique pour ces jeunes interprètes, qui sont pour beaucoup dans la qualité de cet enregistrement inégal.    

Crescendo
15 July 2015